
Jean-Paul Fouchécourt est né à Blanzy en Saône et Loire (Bourgogne-France) le 30 août 1958.
Il commence l’étude du piano à l’âge de 7 ans et fait ses études musicales à l’Ecole Municipale de Musique de Montceau-les-Mines notamment avec son grand-père, tromboniste amateur, qui lui enseigne la formation musicale. Sa mère chante dans une troupe lyrique amateur, la « Herse IV », avec laquelle il participe, enfant, à plusieurs spectacles d’opérette.
Admis au Conservatoire National de Musique de Dijon en 1972 dans la classe de Saxophone de Jean Arnoult, il obtient une médaille d’Or à l’Unanimité en 1976. Il est admis la même année au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Daniel Deffayet tout en poursuivant ses études générales au Lycée Carnot à Dijon (Bac F11 en 1977).
Il reçoit en 1978 un Premier Prix de Saxophone et en 1979 un Premier Prix de Musique de Chambre à l’Unanimité. Un Troisième Prix au Concours International de Gap, un Premier Prix au Concours International d’Ancône en Italie, la « carte de soliste à Radio France » le placeront définitivement parmi les meilleurs saxophonistes de sa génération. En septembre 1978, le Conservatoire de Chalon-sur-Saône lui confie la responsabilité de sa classe de saxophone nouvellement crée. Il obtient en 1982, le Certificat d’Aptitude à enseigner dans les Ecoles de Musique contrôlées par l’Etat.
Parallèlement à ses activités de saxophoniste soliste et de musicien de chambre au sein du Quatuor Adolphe Sax, Jean-Paul Fouchécourt s’intéresse à la direction d’orchestre et crée en 1976 un Orchestre Symphonique à Vent en Bourgogne (OrSyVe) et travaille pour la musique amateur en Saône-et-Loire, notamment en dirigeant des stages de perfectionnement pour les jeunes musiciens du département. En 1981, il perfectionne sa technique de direction auprès de Dominique Rouits puis de Pierre Dervaux à l’Ecole Normale de Musique de Paris.
Promis à un avenir de chef d’orchestre, sa rencontre de Cathy Berberian en 1982, changera considérablement ses orientations puisqu’il décidera sur ses conseils, de se consacrer à un nouveau domaine d’expression musicale : le chant. Il entre à nouveau au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris et suit les enseignements de Peter Gottlieb pour le chant et Gabriel Bacquier pour l’art lyrique. Il quittera le CNSMP en 1985 cette fois, sans récompense…
La rencontre de William Christie en 1985 va bouleverser ses horizons : il lui offre en juin 1986 de rejoindre comme soliste, son ensemble « Les Arts Florissants » au sein duquel il acquiert la connaissance des différents styles de la musique baroque Italienne et Française des 17ème et 18ème siècles. Ses engagements de plus en plus nombreux le forcent en 1988 à renoncer à son poste de professeur de saxophone à l’Ecole Nationale de Chalon-sur-Saône et à son activité de directeur musical de l’OrSyVe.
Durant trois années, s’enchaîneront de nombreux concerts en Europe et à travers le monde : Europe, Etats Unis, URSS, Amérique du sud, Australie, Japon… puis en 1987, ses débuts à l’Opéra Comique (Salle Favart), Versailles, New York (BAM), Madrid, Florence, dans Atys de Lully, production désormais historique. Avec les Arts Florissants, commence également une longue série d’enregistrements dont Selva Morale de Monteverdi (1986), Cantates de Montéclair, de Clérambault, Orphéo (La Vecchia) de Rossi (1988) Idoménée (Idamante) de Campra (1989), Les Indes Galantes (1990) et Les Fêtes d’Hébé (1997) de Jean- Philippe Rameau entre autres.
Rapidement admis dans ce « nouveau monde », dès 1987, Marc Minkowski lui confiera les plus importants moments de sa jeune carrière avec ses « Musiciens du Louvre » : Le Malade Imaginaire* de Charpentier, les Amours de Ragonde* (Colin) de Mouret, Hippolyte et Aricie* (Hippolyte) de Rameau, Titon et l’Aurore* (Titon) de Mondonville, Résurrection de Haendel; Acis et Galatée* (Acis) de Lully …
Il collaborera durant ces années « baroques » avec Philippe Herreweghe (Chapelle Royale), René Jacobs (Concerto Vocal), Hervé Niquet (concert spirituel) avec lequel il réalise plus de 10 enregistrements, Christophe Rousset (les Talents Lyriques), Jean-Claude Malgoire (la Grande Ecurie), Gabriel Garrido (Ensemble Elyma), English Concert (Trevor Pinnock), Christophe Coin (Ensemble Baroque de Limoges), Martin Gester (Parlement de Musique) et la petite bande (Sigiswald Kuijken).
C’est au cours de ses nombreuses interprétations des répertoires anciens et ses rôles de « haute-contre à la française » que Jean-Paul Fouchécourt développera ses qualités d’acteur qui lui permettront progressivement d’étendre son répertoire aux rôles de caractère du répertoire des 19 et 20ème siècle.
Nouvelle rencontre importante : Seiji Ozawa qui l’invite en 1996 à interpréter au Saîto-Kinen festival (Japon), le rôle « du Mari » des Mamelles de Tirésias de Poulenc, production télévisée et enregistrée pour Philipps. Suite à ces débuts remarqués dans un rôle de caractère il est vite sollicité par les grandes scènes lyriques au nombre desquelles le Metropolitan Opera (New York), le Royal Opera House (Covent Garden) de Londres, l’Opéra de Paris, les festivals d’Aix-en-Provence, Salzburg, Edinburgh, Orange, Proms (Londres)…
Il collabore avec les grandes formations orchestrales comme le Philharmonique de Berlin, l’Orchestre Philharmonique de Boston, les Orchestres de la BBC, London, Birmingham, Orchestre National de France, sous la direction de chefs aussi renommés que Franz Bruggen, M.M Chung, James Conlon, Sir Andrew Davis, Charles Dutoit, Sir John Eliot Gardiner, Valery Gergiev, Nikolaus Harnoncourt, James Levine, Jesus Lopez-Cobos, Kent Nagano, Antonio Pappano, Michel Plasson, Sir Simon Rattle … et toujours Marc Minkowski.
Aujourd’hui, Jean-Paul Fouchécourt est reconnu internationalement pour ses portraits de Platée (Platée de Rameau), Arnalta (Couronnement de Poppée de Monteverdi), le Mari (les Mamelles de Tirésias de Poulenc), les quatre valets (les Contes d’Hoffmann d’Offenbach), Basilio (Nozze di Figaro de Mozart), L’enfant et les sortilèges de Ravel, Ouf 1er (l’étoile de Chabrier), Bardolfo (Falstaff de Verdi), Monsieur Triquet (Eugene Onegin de Tchaïkovski) entre autres… Mais son activité ne s’arrête pas à l’opéra et il aime aussi à défendre le répertoire français dans toute ses formes de l’air de cour de l’époque baroque, à la romance, puis aux compositeurs les plus insolites. Il privilégie pour le servir, les rencontres avec de grands interprètes : les luthistes Steven Stubbs ou Eric Bellocq, le claveciniste Olivier Baumont, ou encore les pianistes Christian Ivaldi, Jean Marc Luisada, Roger Muraro, Alexandre Tharaud, Jeff Cohen…
Jean-Paul Fouchécourt a participé à une centaine d’enregistrements reflet d’un large répertoire allant de Josquin Després à Monteverdi, de la musique baroque française à Offenbach, aux mélodies de Lili Boulanger, Fauré, Delages, Varèse ou Glenn Gould… Notons ses dernières collaborations pour Naxos avec l’orchestre américain Opéra Lafayette dirigé par Ryan Brown, Orphée et Eurydice de Gluck (2005) et « l’art de Jéllyote », extraits d’opéra de JP Rameau (2007).
Professeur de 1994 à 1997 au CNSM de Paris, il enseigne aujourd’hui dans de prestigieuses master class (Santa Rosa Collège, San Francisco), Caracas, Académie d’Aix en Provence, Villa Real (Portugal), CNR de Toulouse…) Jean-Paul Fouchécourt est, depuis juin 2000, Chevalier dans l’Ordre National du Mérite.